Canal des Bouches du Rhônes, Hudros Canal des Bouches du Rhônes, Hudros Canal des Bouches du Rhônes, Hudros
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Hudros, 2010-2014

 

 

Hudros est un travail photographique produit dans les Bouches-du-Rhône autour de surfaces d’eau contraintes par l’homme. Mon attention a été attirée par l’insolite rencontre de l’eau et du béton. Les images ont été réalisées principalement le long des canaux qui alimentent la région en eau douce à partir de la Durance et du Verdon vers Marseille et Toulon. C’est un univers qu’a exploré à sa manière Gabriele Basilico dans le livre La Durance : Paysages en regard.

 

Hudros est né d’une fascination visuelle, créée par l’opposition d’une eau à l’aspect cristallin avançant le long d’un béton brut et inerte. D’un coté il y a la vie, avec la fraîcheur de l’eau, en perpétuel mouvement, et de l’autre, il y a l’inanimé, avec un béton statique et altéré par le temps. Interdépendants pour le bon fonctionnement d’un ensemble, ils sont l’illustration de la dualité yin et yang. L’accès physique à ce précieux flux d’eau douce qui s‘écoule sur des centaines de kilomètres se fait sans contrainte et procure ainsi un sentiment de liberté.

 

J’envisage le paysage de manière directe et subjective. Les photographies sont des captures de l’existant sans mise en scène ni utilisation de procédés pictorialistes. C’est la relation ou la distance entre moi et chaque scene que j’éprouve. Je me projette sur la partie du paysage que j’ai choisie et je cadre à la recherche d’une sensation d’apaisement. Je la trouve dans l’équilibre de la composition. Mon regard sur le lieu est d’abord abstrait comme dans l’approche de Toshio Shibata sur les ouvrages de béton au Japon. J’y vois un ensemble de formes, de couleurs, de matières, d’ombres et de lumières que j’agence jusqu’à obtenir une impression d’harmonie. À l’opposé d’une photographie qui se voudrait être un simple enregistrement documentaire, à l’instar de la Nouvelle Topographie, c’est avec l’envie de révélation de l’ordinaire que je pars à la rencontre du monde, en pleine conscience et dans une totale implication de ce que je suis.

 

La clarté et la sensation de lenteur qui émanent des images invitent à la contemplation. Chaque photographie est d’abord un territoire visuel en soi dans lequel s’exprime mon rapport direct et sensible au monde. Bien sûr, ce regard personnel n’efface pas le caractère documentaire de Hudros et permet la découverte subjective d’un patrimoine centenaire.

 

HUDROS vu par L'étang de kaeru lire ici